Avis – Le Transperceneige et Terminus

Résumé : 

Le Transperceneige – 1999 Editions Casterman – 134 pages – Sortie : Octobre 1984 

Après un cataclysme climatique, les survivants de l’espèce humaine sont enfermés dans un train gigantesque qui roule éternellement. Ce train est très hiérarchisé, avec des wagons dorés en tête où vit l’aristocratie, jusqu’aux wagons des pauvres en fin de convoi. Des wagons militaires assurent la sécurité et des wagons potagers l’alimentation. Le héros, Proloff, issu des wagons de queue, remonte le train afin de comprendre la situation, suite à des événements horribles qu’il refuse d’évoquer à ses interlocuteurs.

Terminus – 2015 Editions Casterman – 222 pages – Sortie : 14 Octobre 2015

Après des décennies d’un voyage sans but sur notre Terre gelée, le transperceneige est hors d’état de continuer son périple. Les passagers, toute l’humanité survivante, sont contraints de quitter le train à la recherche d’un nouvel abri. Malgré les risques, c’est pour chacun l’espoir d’une vie meilleure. Car rien ne pourrait être pire que l’existence à bord… Pensent-ils.

Avis : 

J’avais découvert la bande dessinée Le Transperceneige un peu avant la sortie du film. J’avais été fascinée par les dessins et l’histoire. Un train qui roule sans but et contenant les derniers représentants de l’humanité. Une histoire de science-fiction très marquée année 80 (la BD originale est sortie en 84). Le dessin en noir et blanc avec des nuances de gris donne un réalisme typique de l’époque à cette BD.

Le transperceneige décrit une société pyramidale. En tête, les riches, très peu nombreux, avec des conditions de vie décentes. Progressivement, en s’éloignant de la locomotive, les conditions de vie se font plus difficiles. C’est ainsi qu’on arrive en fin de train, avec les « queutards », qui ne connaissent que le rationnement, la maladie et le froid. C’est là que commence notre histoire, avec un quetard qui en a marre et va progressivement remonter le train. On suit alors une histoire simple, mais efficace et surtout cohérente.

Pour avoir lu beaucoup de science-fiction française, la fin m’a peu étonnée. Tout comme le désespoir qui suinte de cette bande dessinée, la science-fiction française se démarque sur deux points dans les années 80/90 du reste de la production mondiale (et surtout américaine) : des récits très intellectuels, bourrés de références politiques et sociales (qui peut aller jusqu’à la caricature) et le pessimisme. Le transperceneige est selon moi, un digne représentant de la SF de cette époque.

C’est différent avec sa suite, qui voit un autre auteur écrire le scénario. Nous sommes alors dans les années 90. Certes, la fin est toujours aussi noire, mais le récit porte un espoir en lui, celui du changement. Tout comme la jeunesse des années 90, qui espérait changer le monde alors qu’elle découvrait le chômage de masse. Une grande différence avec la première BD. Le héros du transperceniege (Proloff) n’a rien à voir avec celui du film (le héros dans le film a une conscience politique, des remords), tout comme son équivalent dans la suite de la BD. Dans Le transperceneige, le héros Proloff veut juste une vie meilleure, à aucun moment il ne veut changer le système, au contraire, il veut en profiter. Une grande différence avec Puig Valès, héros de la suite directe du Transperceneige (et maintenant intégré à celle-ci). Puig a de l’espoir, il veut révolutionner son monde, et le comportement du train. Il fera carrément quitter le train de ses rails, pour traverser les océans glacés dans l’espoir de découvrir un monde meilleur.

Dans Terminus, paru en 2015, on retrouve Puig. Le héros a trouvé son monde meilleur, mais il n’est pas aussi beau qu’il l’a imaginé. C’est la désillusion des années 2000, où l’on pensait que tout serait possible et où il a fallu faire face à la réalité. Le final, est d’ailleurs intéressant, car il permet aux personnages de choisir s’ils veulent se bercer d’illusion dans un Nouveau Monde, qui n’en est pas vraiment un ou au contraire essayer de révolutionner l’Ancien Monde.

À l’origine, je comptais faire une petite critique toute simple sur une BD que j’aimais bien. Je me retrouve avec une étude sociologique de comptoir XD. Tout ça pour vous dire de lire cette BD car elle est bien 🙂

Bref, Terminus m’a rappelé à quel point j’aimais la science-fiction, et je trouve que la SF française mérite d’être mieux connue, qu’elle soit en BD, film ou roman. Je vous laisse avec le fossoyeur de film qui en parle bien mieux que moi dans sa dernière critique : Bunker Palace Hotel.

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