Avis – Libérées ! : Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale de Titiou Lecoq

Grâce au site Netgalley, j’ai pu lire le dernier livre de Titiou Lecoq :

Libérées ! : Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale sortie en 2017.

Résumé :

« Un jour, je me suis demandée : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve. L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale ?

Avis :

Comment sont réparties les tâches ménagères dans un couple ? Sont-elles réellement répartis de façon équitable ? En tant que femme pouvons nous vraiment nous libérées de ces tâches ? Voici un exemple de questions que l’on devrait se poser selon l’auteur. Libérées est un essai sur la place de la femme dans la sphère privée. Titiou Lecoq est une journaliste indépendante et blogueuse sur Girls and geeks. C’est une auteur que je suis avec attention.
Titiou Lecoq part du constat que sa vie à changer au moment où elle s’est mis en couple et qu’elle a eu des enfants. Attention, ce n’est pas une féministe extrême, elle ne remet pas en question l’existence du couple mais plutôt de la place qu’a la femme dans le couple. Elle part de situation qu’elle vit au quotidien et cherche à comprendre les mécanismes de ces choix face à cette fameuse chaussette et ce panier de linge sale.

Elle commence par l’image séculaire de la parfaite ménagère et de la place que cette image à prise sur les réseaux sociaux. De plus en plus, on peut voir des blogs/instagram lifestyle ou des vidéos YouTube, nous présentant des femmes à la vie parfaite et inspirante. Comme Titiou Lecoq, je suis plus proche de la loutre que de ces femmes. Personnellement, il n’y a pas assez d’heures dans ma journée pour être au top au boulot, m’occuper de mon intérieur et faire 30 exercices de Yoga, sans oublier réussir le challenge zéro déchet et manger du fait maison. À un moment donné, j’ai fait des choix qui me permettent de surmonter la montagne de chose que l’on attend de moi et je culpabilise de ne pas être assez performante. D’où vient donc cette culpabilité et d’où me vient cette place attribué ? C’est la force des habitudes, par habitude on va faire et prendre le rôle de la ménagère. Ces habitudes nous nous place progressivement dans un rôle que nous n’avons pas choisie.

BD provenant de la page FB d’Emma qui décrit la charge mentale

L’auteur évoque de nombreux concepts dans son livre, mais le plus important pour moi est celui de la charge mentale. C’est-à-dire, la capacité de penser pour l’autre (ex : prendre RDV chez le médecin, acheter le lait ou faire tourner une machine…) et ce en permanence, même sur notre lieu de travail. Nous ne pouvons jamais être à 100% à ce que nous faisons, car nous sommes toujours partagées entre plusieurs endroits. L’auteur évoque aussi l’aménagement de la maison ou la place du sac à main des femmes, là aussi très emblématique ! Notre sac à main est souvent immense, avec toute notre vie dedans, alors que les hommes n’ont souvent que le strict nécessaire. Nous nous devons/sentons obligées de penser à toutes les situations et donc à trimballer un tas de choses inutiles.

Finalement, c’est une simple chaussette posée à côté du panier de linge sale qui permet à l’auteur de démarrer une réflexion très enrichissante sur la place de la femme dans la société et sur le féminisme. Cela m’a permis de me poser des questions sur mon quotidien, sur ma place en tant que femme et ce que peuvent vivre les autres femmes qui m’entourent. Mais l’auteur ne nous parle pas que de notre intérieur, elle aborde aussi la place du harcèlement de rue dont on parle beaucoup ces jours-ci.

Ce que j’ai le plus apprécié dans ma lecture c’est la simplicité avec laquelle Titiou Lecoq explique les concepts qu’elle aborde. Elle nous vulgarise le féminisme et ça faits du bien, c’est agréable et drôle à lire, je le recommande vivement. De plus, le livre n’est vraiment pas long (220 pages), il ne s’encombre pas de longueur et va droit au but en utilisant des situations qui nous parlent.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Je viens d’en publier récemment la chronique sur mon blog et effectivement, elle montre bien qu’on est dans une perpétuelle culpabilité : de ne pas tout faire, de ne pas bien faire, de ne pas avoir pensé à tout… On veut être sur tous les fronts, assurer toutes les responsabilités, et on finit par faire un burn-out ! En fait, tout ceci vient du regard que portent les hommes (au sens binaire du terme) sur les femmes, sur les exigences, les attentes qu’ils formulent, depuis des millénaires. Vraiment, un essai passionnant !

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