Avis roman graphique et orient

Aujourd’hui, je vais vous parler de deux roman graphique de la même auteure libanaise:  Zeina Abirached. Je l’ai découvert récemment et j’espère me procurer plus tard ces autres BD.

L’auteur à une patte graphique assez forte, elle ne fait que du noir et blanc. Cela ressemble beaucoup à Marjane Satrapi, d’ailleurs leur parcours se ressemble, elles ont toutes les deux quittées leur pays (Iran et Liban), ont immigrés en France, font du noir et blanc, parle de leur vie… Mais les sentiments qui se dégagent de leur BD est radicalement différente. Je trouve que Marjane Satrapi est plus politique et engagé que Zeina Abirached. Zeina écrit des histoires plus intime, familliale, elle parle d’elle-même et souvent n’aborde pas les raisons du conflit.

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Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles de Zeina Abirached (2007)

Résultat de recherche d'images pour "le jeu des hirondelles"Résumé :

Nous sommes à Beyrouth, dans les années 80, au 38 de la rue Youssef Semaani, et plus précisément, dans l’entrée de l’appartement du premier étage.
Comme c’est la pièce la plus sûre de la maison – et donc de l’immeuble, puisque l’appartement est au premier étage – tous les voisins sont là aussi.
Dans cette entrée il y a l’histoire de chacun des personnages, l’histoire qu’ils ont en commun, celle du microcosme qu’ils forment et l’histoire de la moitié de ville que Beyrouth était devenue.
Dans cette entrée, il y a aussi une tenture.
Dans cet intérieur exigu où elle est présente d’abord en toile de fond, elle matérialise petit à petit la guerre qui fait rage à l’extérieur.
Cette tenture est le fil conducteur de l’histoire que je raconte. »

Avis :

C’est un récit autobiographique très touchant. L’auteur nous dépeint son quotidien pendant la guerre civile du Liban. La vie est assez difficile, car on manque de tout (pas d’eau courante, peu ou pas d’électricité…), mais où tous les protagonistes tentent de relativiser, chercher l’humour dans leur situation. Les habitants d’un petit l’immeuble se réunissent dans l’entrée de l’appartement du premier, qui est le plus sûre. En quelques pages, l’auteur nous transporte dans le Liban des années 80, avec ses traditions et ses habitudes. Chaque personnage de l’immeuble a une histoire racontée avec beaucoup de pudeur, mais sans taire les horreurs de la guerre. Chacun a dû faire à une disparition, la perte d’un être cher ou la destruction de leur quotidien. Le récit se passe sur une soirée, où chaque habitant de l’immeuble arrive les uns après les autres. Chaque arrivée est entrecoupée d’un flashback sur leur histoire. On découvre que la plupart n’habitaient même pas là à l’origine, mais qu’ils se rassemblent pour faire face à la situation; on retrouve la famille aisée, qui cherche à fuir au Canada, leur gouvernante, qui ne partira pas avec eux alors qu’elle a élevé 3 générations de la famille, le débrouillard, qui a perdu son père dans des circonstances étranges, le voisin excentrique qui récite du Cyrano de Bergerac… C’est une galerie de personnage riche en couleur, qui malgré les conditions reste un groupe chaleureux et soudé.

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L’auteure signe ici une BD magistrale et très intime, racontant ses souvenirs. Elle ne décrit en rien la situation politique du Liban à ce moment-là. À aucun moment, on ne nous décrit les différentes factions engagées dans le conflit, ce qui manque un petit peu à mon avis, car personnellement, je n’ai quasi aucune notion de ce conflit.

Le piano oriental de Zeina Abirached (2015)

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Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d’un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d’Orient de d’Occident, ce piano au destin méconnu n’aura vu le jour qu’en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s’abatte sur le Liban.

Une métaphore amusante – et touchante – de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son oeuvre.

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Avis :

Cette BD mêle le destin de Zeina l’auteure et de son arrière-grand-père, Abdallah. Tous les deux sont un pont entre l’Orient et l’Occident, et cherchent à se définir en mélangeant musique et langues européennes et arabes. Le piano oriental apparait comme une réflexion apaisé sur ce singulier mélange entre deux cultures qu’aujourd’hui on pense diamétralement opposées. L’auteur, Zeina, s’interroge sur sa double culture, capable depuis toute petite de parler arabe et français, elle se demande comment faire coexister ces deux parts d’elle-même, au Liban ou en France. L’histoire d’Abdallah, qui est légèrement romancé, se déroule en parallèle avec celle de Zeina, qui part du Liban pour la France, tandis que son grand-père entreprend un voyage vers Vienne. J’ai beaucoup aimé la description de l’arrière-grand-père fantasque (et filou 🙂 ). L’auteur s’interroge sur les différences entre la langue française et arabe, les nuances qui existent chez l’une ou l’autre, les différentes façons de se saluer, c’est très intéressant. Ces différentes réflexions se trouvent traduites dans le style de l’auteur, qui est plein d’inventivité, mêlant graphisme et dessin. On retrouve des motifs très orientaux, très chargés, mais toujours harmonieux et d’autres pages plus typés européens. Les thèmes de la famille, de l’éloignement et de la double culture sont mis en avant sans trop en faire, le récit n’est jamais triste, au contraire.

Bref, c’est une auteure que je recommande à tous, et j’essaierais en 2018 de poursuivre ma lecture de ces œuvres.

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